Le Comité de Bassin d’Emploi des Cévennes

En quelques chiffres :
Le territoire du CBE des Cévennes compte 12 000 habitants pour une densité de 8 habitants/km².
Les activités sont caractérisées par une grande partie d’indépendants et peu de salariat. La majorité de l’emploi salarié (52%) est liée à l’emploi public. Les entreprises sont de très petites tailles : 60% d’entre elles n’ont pas de salariés, et 97% en ont moins de 10.
Le territoire regroupe 45 communes du sud Lozère, englobées dans le Parc National des Cévennes.

Contexte

C’est un territoire de résistance (guerres de religions, époque des camisards, maquis-école pendant la Seconde Guerre Mondiale), pauvre, qui a connu un très fort dépeuplement durant la première moitié du XXème siècle. La situation s’est inversée, et depuis les années 1980, la population est stabilisée, grâce à de forts afflux de nouveaux arrivants. Cependant, la population est vieillissante, avec une sous-représentation des femmes (15 à 60 ans) et caractérisée par une part élevée de résidences secondaires. Le territoire est isolé des grands axes de circulation et des métropoles régionales, les transports en commun y sont quasiment absents ; le haut débit est présent sur la majorité des bourgs. L’atout du territoire est la qualité de son environnement naturel, la beauté de ses paysages protégés par le Parc National des Cévennes.
Le Comité de Bassin d’Emploi a été créé en 2002. Un diagnostic mené cette même année sur le potentiel des nouvelles technologies de l’information et de la communication pour le développement du territoire faisait apparaître que l’enjeu pour le développement de celui-ci était de s’organiser et de disposer d’un outil pour la mise en réseau et en cohérence des actions. Le CBE est composé de quatre collèges : élus, entrepreneurs, salariés, associatifs et représentants de l’ESS (Economie Sociale et Solidaire). De 2003 à 2007, le territoire s’est organisé en communautés de communes puis en 2009, un Pays a été institué.
L’enjeu pour le territoire est de maintenir un cercle vertueux qui consiste à garder une population suffisante pour permettre le maintien des services, des activités, avec pour objectif d’attirer une nouvelle population sur place. Mais pour maintenir la population en place et en accueillir de nouvelles, il faut une combinaison de facteurs : il est nécessaire d’avoir une offre de logement et d’emplois, mais aussi des services. L’hypothèse qui sous-tend les actions développées par le CBE des Cévennes est la suivante : c’est en gérant les ressources humaines à l’échelle du territoire que l’on pourra maintenir et augmenter la population, et donc donner au territoire les moyens de se développer.

La démarche mise en oeuvre

Dans un premier temps, des études thématiques, abordant différents thèmes tels la santé, les services à la personne, les énergies renouvelables, l’agriculture/exploitations agricoles, la pierre sèche, les entreprises du bâtiment ont été réalisées. Il s’agissait d’identifier les problématiques et les secteurs potentiellement porteurs d’activités, de caractériser le métier et de cibler les formations nécessaires pour son développement.
Ensuite, un diagnostic « emploi, activités, démographie » a été mené de 2005 à 2007. Les résultats ont permis d’ouvrir de nombreux échanges lors de réunions publiques, en conseils communautaires ou bien encore en réunions avec des partenaires du développement. Après cettephase d’appropriation, des propositions d’actions ont été suggérées répondant à trois niveaux d’analyses : observation/prospective, accompagnement de collectifs et expérimentation. Un des axes de développement est de conforter les entreprises actuelles pour qu’elles puissent passer le cap de l’embauche afin d’acquérir de nouvelles compétences, de pouvoir se développer et/ou se maintenir, mais aussi de faciliter la vie des chefs d’entreprise. Il incombe donc au CBE de développer ces actions.

Les actions menées

Après une année de préparation, un EDEC (Engagement de Développement de l’Emploi et des Compétences) de territoire a été signé en juin 2009. L’EDEC est un outil financier qui engage l’État, les partenaires sociaux et le territoire dans la mise en oeuvre d’actions pour le développement d’emploi et d’activités sur le territoire. Il se formalise par un accord cadre, signé pour 3 ans entre les partenaires sociaux, l’État, et le territoire. Par la suite, une convention annuelle est signée avec la DIRECCTE pour déterminer les modalités financières accompagnant l’action.
Les actions engagées s’organisent selon ces axes :

- Accompagnement des entreprises :

Rencontre des entreprises pour mieux les connaître (activités, problématiques, politique salariale, recrutement, formation, fidélisation des salariés), et les sensibiliser à la gestion des ressources humaines mais aussi dans le but de les mobiliser dans une dynamique collective ;
Création et animation d’un réseau de chefs d’entreprises créant du lien et une mobilisation des entreprises comme force du territoire, permettant ainsi d’apporter des informations thématiques en réponse aux problèmes rencontrés par les entreprises afin de générer une dynamique autour des ressources humaines ;
Développement des groupements d’employeurs multisectoriels afin de favoriser la création d’emplois de qualité pour le territoire et de services pour les entreprises ;
Animation d’une plateforme emploi-formation compétence réunissant les acteurs de l’emploi, de la formation, du territoire et les partenaires sociaux. Cette plateforme permet d’échanger autour des résultats et de construire les réponses à apporter.

- Expérimentation autour de deux thématiques : la saisonnalité et la pluriactivité

La saisonnalité : connaître la saisonnalité, les problématiques rencontrées par les employeurs et saisonniers et expérimenter des actions (information, logement, recrutement, fidélisation, formation, etc.).
La pluriactivité : participation à un programme régional de recherche sur l’insertion territoriale des ménages agricoles pluriactifs (INTERSAMA), dans un objectif de connaissance des formes de la pluriactivité et de la construction d’outils pour accompagner son développement.

- Observatoire : organisation et diffusion de l’ensemble des données collectées, tant par de l’analyse de l’existant (INSEE ou autres statistiques) que par les résultats d’entretiens, de réunions, d’études spécifiques. Diffusion au travers du site internet et de plaquettes thématiques : Compétences et Activités en sud Lozère.

- Accompagnement spécifique des acteurs de l’économie sociale et solidaire, secteur représentant un nombre important d’emplois sur notre territoire.

Les ressorts de la GTEC en Cévennes

1) L’importance de la concertation – Faire partager les avancées par le plus grand nombre, échanger, mobiliser les acteurs locaux. Le CBE Cévennes a une démarche visant à faciliter la participation des acteurs à leur développement. Ainsi, les études sont restituées auxenquêtés ce qui permet de les amender. Les analyses sont présentées à différents niveaux, tant auprès des entreprises, des élus que des partenaires techniques et au sein du conseil d’administration du CBE. Enfin, une large communication est faite dans les journaux locaux et communautaires afin de diffuser au maximum les informations.
2) La place du dialogue social territorial, c’est la force du CBE que de construire les actions à travers ses 4 collèges (entreprises, élus, salariés, associations). Il n’est pas forcément simple à mettre en oeuvre dans notre contexte territorial (personnes ressources multi-casquettes, difficultés à mobiliser entreprises et salariés). De fait, nous avons développé un dialogue de projet, en permettant la participation d’un maximum d’acteurs : c’est la discussion entre personnes/acteurs qui réfléchissent à un même sujet mais n’ont pas forcément l’habitude d’échanger leurs points de vue ni de trouver les solutions ensemble qui permettent d’imaginer des actions durables. C’est aussi travailler dans la compréhension des intérêts de chacun. Cela n’est faisable que lorsque le diagnostic et l’objectif sont entendus et partagés.
3) La construction du partenariat « technique ». Ouvrir un espace pour échanger sur un sujet. Le CBE est un lieu « neutre » (ne donne pas de financements, ne prend pas de décisions d’aménagement du territoire, c’est un outil au service du territoire et des acteurs locaux). Il est devenu un espace de rencontres où l’on peut sortir « la tête du guidon » pour réfléchir à différents sujets et mutualiser les connaissances et réflexions de chacun.
4) Avoir conscience du temps nécessaire à la construction. Le temps de la mobilisation et de la construction du partenariat est long. Il s’agit du temps nécessaire pour amener à la concertation, à l’élaboration des habitudes de travail et à l’échange. Cela se conclut par l’élaboration d’un diagnostic commun, et ainsi à la définition des actions prioritaires à mener. Le temps pour la construction nécessite de l’ingénierie pour l’animation et donc des moyens financiers de fonctionnement.
Pour en savoir plus :

CBE Cévennes
Sandrine Marmeys, Delphine Bénard
1 place Paul Comte
48400 FLORAC
Tel : 04.66.45.26.38 – Fax : 04.66.45.50.49
E-mail : c.b.e.cevennes@wanadoo.frwww.cbecevennes.org